Ecosse, Edinburgh, 21st Century Kilt

Qui a dit que les kilts n’étaient pas rock’n roll ? Personnellement, j’adore les hommes en kilt. Pas pour ce qu’il y a – ou pas – en dessous. Pour l’attitude. Le fuck you simple et sobre que ça implique. Quand c’est porté avec une vraie conviction, on réalise à quel point un vêtement peut définir une identité.

D’accord, dans les clans, on se les transmet de pères en fils et les tartans (le tissu à carreaux qui désigne chaque clan) sont immuables. Mais quand on tombe sur une boutique comme celle-ci qui fait des kilts comme ceux là, on se dit que le kilt peut être aussi franchement fun, et why not ?

En entrant, on ne la remarquait pas tout de suite. Elle était cachée derrière une pille de tissus et de paperasse, penchée sur sa machine à coudre Brother. Il fallait vraiment bien regarder pour la voir. Il pleuvait ce jour là, et de Thistle Street arrivait une petite lumière fluette qui sentait de terre et de pierre froide. C’était agréable et étrange. Le ventilateur posé en hauteur juste devant elle, disait que parfois, elle devait avoir chaud. On se demandait pourquoi. Et surtout, quand. On n’était pas vraiment sous les tropiques. Sur les murs, quelqu’un avait accroché des photos d’acteurs, de rockers, de grands noms de la scène théâtrale britannique qui portaient son travail. Et sur la petite table de l’entrée, il y avait un grand paquet enveloppé de papier craft, prêt à âtre livré. D’ailleurs, un grand type roux comme une pinte de Traquair est venu le chercher sans un mot. Des kilts et des vestes prenaient le reste de la place dans la pièce minuscule, bien alignés sur leurs cintres. En tweed, en laine. Et aussi en jean. Une hérésie pour les puristes. Pas grave. Il y avait le mélange d’ancien et de moderne, la drôlerie, le parfum de tissus et d’humidité, les mains qui s’activaient dans un semblant de lumière qui venait de Thistler Street sous la pluie. On avait très envie de voir un film commencer dans un endroit comme ça.

www.21stcenturykilts.com

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3 Responses to Ecosse, Edinburgh, 21st Century Kilt

  1. Wally dit :

    great story ! great blog ! xx

  2. Anne Grinda - Illustratrice dit :

    Et pendant ce temps, dans les Balkans…

    De la poussière comme habit de voyage et des trésors de pacotille plein les poches…
    Et aussi, en bandoulière, magiques, un pinceau de calligraphie asiatique, un bambou, un feutre pour les ombres, quelques aquarelles pour le bleu du ciel, et le vert pour la beauté de la nature.

    Cet été, tandis que Francisca se ressource pour nous dans ses livres et ses méditations, je sillonne les Balkans, territoire aux contours imprécis, aux douze pays, aux langues babyloniennes, aux deux alphabets, aux multiples confessions, aux cinq mers et aux multiples blessures…
    Une dentelle de cultures, entre l’Orient et l’Occident, que lie surtout la lutte séculaire contre l’oppresseur, qu’il soit ottoman, hongrois, vénitien, autrichien, communiste !

    Dans un désordre d’émotions bouillonnantes…
    J’ai pénétré au cœur du monastère orthodoxe enclavé en terre musulmane; j’ai accepté l’hospitalité généreuse des moines, partagé leurs repas de silence rythmés par la lecture sainte.
    J’ai croqué le visage du novice, rayonnant de sérénité, le geste quotidien de la moniale balayant les premières feuilles vagabondes, le pas hésitant du vieil higoumène appuyé sur sa canne pour se rendre aux vêpres du soir…
    J’ai dormi dans ce havre, attendu l’appel de la simandre pour l’office des matines, et, bercée par le chant des moniales, j’ai tenté de caqpter, de la pointe de mon pinceau, la profonde harmonie de ces lieux de paix.
    J’ai vibré à l’appel du muezzin, répondant en écho aux minarets voisins, prolongeant ainsi la plainte, comme une onde poétique au-dessus de la ville, saturée de chaleur.
    Là, je me suis assise sur les marches de la mosquée, et j’ai dessiné, inlassablement, le grand café Europa, qui lui fait face, l’animation joyeuse de la place, la foule bigarrée, la démarche lourde de la femme voilée aux rondeurs mystérieuses, l’insolente légèreté de l’adolescente aux formes moulantes…
    J’ai offert à Aladin l’édenté, le portrait de son sourire lumineux de bonté et j’ai fait rire le becktachi hérétique rejeté par tous, lové près de la fontaine, sous le kiosque de bois, l’ayant saisi à son insu dans la nonchalance de sa prière…
    J’ai attendu la rupture du ramadan de la fin de journée, devant une table de fête, entourée de mille regards curieux ; des petits vieux, surtout, au visage buriné, si pittoresques avec leur feutre blanc vissé sur le crâne comme une coquille d’œuf !
    Ils m’ont offert leurs feuilletés savoureux, et je leur ai laissé un souvenir en papier de ce moment d’échange silencieux.
    J’ai accepté le café turc du musulman, et la slivovitsa (alcool de prune) du chrétien, me suis entassée dans leurs voitures d’une autre époque, les ai suivis dans leurs maisons, leurs cimetières, ai écouté leurs malheurs et leurs rêves…
    Et toujours, ai fait naître devant leurs yeux, le même émerveillement face à la magie d’un trait d’encre noire, qui fixe l’équilibre fragile d’un moment de communion…

    Le blog n’a pas encore la générosité de Francisca et ne veut pas de mes croquis !
    Bientôt, je vous communique mon site !
    Pour rêver ensemble de terres lointaines et proches à la fois.

    Anne Grinda

  3. Marie dit :

    Chère Francisca,
    Votre blog est très élégant et vous aussi ! Merci pour ces belles histoires et à bientôt dans vos périples, Marie

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