Qui a dit que les kilts n’étaient pas rock’n roll ? Personnellement, j’adore les hommes en kilt. Pas pour ce qu’il y a – ou pas – en dessous. Pour l’attitude. Le fuck you simple et sobre que ça implique. Quand c’est porté avec une vraie conviction, on réalise à quel point un vêtement peut définir une identité.
D’accord, dans les clans, on se les transmet de pères en fils et les tartans (le tissu à carreaux qui désigne chaque clan) sont immuables. Mais quand on tombe sur une boutique comme celle-ci qui fait des kilts comme ceux là, on se dit que le kilt peut être aussi franchement fun, et why not ?


En entrant, on ne la remarquait pas tout de suite. Elle était cachée derrière une pille de tissus et de paperasse, penchée sur sa machine à coudre Brother. Il fallait vraiment bien regarder pour la voir. Il pleuvait ce jour là, et de Thistle Street arrivait une petite lumière fluette qui sentait de terre et de pierre froide. C’était agréable et étrange. Le ventilateur posé en hauteur juste devant elle, disait que parfois, elle devait avoir chaud. On se demandait pourquoi. Et surtout, quand. On n’était pas vraiment sous les tropiques. Sur les murs, quelqu’un avait accroché des photos d’acteurs, de rockers, de grands noms de la scène théâtrale britannique qui portaient son travail. Et sur la petite table de l’entrée, il y avait un grand paquet enveloppé de papier craft, prêt à âtre livré. D’ailleurs, un grand type roux comme une pinte de Traquair est venu le chercher sans un mot. Des kilts et des vestes prenaient le reste de la place dans la pièce minuscule, bien alignés sur leurs cintres. En tweed, en laine. Et aussi en jean. Une hérésie pour les puristes. Pas grave. Il y avait le mélange d’ancien et de moderne, la drôlerie, le parfum de tissus et d’humidité, les mains qui s’activaient dans un semblant de lumière qui venait de Thistler Street sous la pluie. On avait très envie de voir un film commencer dans un endroit comme ça.

















