Jordanie, Petra – Pourquoi nous voyageons

Nous n’avons pas toujours une raison précise d’aller voir un endroit. Tout ce que nous voulons parfois, c’est comprendre pourquoi tant de gens en reviennent éblouis, pourquoi cet endroit est toujours là, après tant de siècles.

C’était le matin très tôt, le soleil n’était pas encore levé. Nous nous sommes engouffrés dans al-siq, la faille étroite creusée entre les rochers. Nous avons marché dans le sable pendant une demi-heure, peut-être plus. Nous n’étions pas nombreux, seulement une poignée de courageux qui s’étaient levés à l’aube. La mince lumière qui venait du ciel paraissait attirée vers nous, comme une flèche tirée depuis les cieux. Chaque seconde donnait la chair de poule. Chaque détail émerveillait. Le mystère enveloppant toute chose, les teintes des rochers, si fortes, si pures, leur matière brute si élégante, même le silence qui nous accompagnait jusqu’au choc final. Mais il y avait autre chose encore. Un mystère, un apaisement à l’idée que de telles choses existent, la sensation de vivre un instant éphémère et précieux.

Jordan, Petra – Why we travel

We don’t always have a specific reason to go to certain places. Sometime all we want is to understand why visitors return home so overawed, why these places still exist after so many centuries.

It was early in the morning. The sun hadn’t yet risen when we entered the al-siq, a narrow chasm hewn through the rocks. We walked along in the sand for half an hour, perhaps more. We were only a few people, just a courageous handful who had got up at dawn. The shaft of light that penetrated seemed to be aimed at us like an arrow shot from the sky and all the time we felt goose-pimples. Each detail was marvelous. Mystery enveloped everything, the shades of the rocks, so strong, so pure, their rough texture so elegant, even the silence that engulfed us until we emerged to gasp at the stunning sight before us. But there was something more–a strange sense of serenity, knowing that such things existed. The sensation of living an ephemeral and precious moment.

More details here : Visit Petra

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Jordanie, Amman – La ville de Saleh et des miracles

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Cela a commencé dans le hall d’entrée de l’hôtel Four Seasons. Je faisais mon check-in et elles sont passées, les femmes en tenues traditionnelles et les jeunes filles en robes du soir décolletées, très sexy, très glamour.
J’ai demandé au concierge s’il se passait quelque chose de spécial.
Une grande soirée de mariage. Nous attendons 600 personnes, il a dit en souriant (Un vrai sourire heureux et amical).
Cela a continué dans le restaurant de l’hôtel. Les femmes voilées qui dinaient en famille, et à la table juste à côté, celles en robes de cocktail et stilettos, qui passaient une soirée avec leurs petits amis. Dans les rues de la ville, c’était la même chose. Partout, j’ai vu des vies qui semblaient appartenir à des univers complètement différents et qui se côtoyaient très naturellement, sans paraître se gêner. Même dans les pays qui prétendent accepter les différences, on perçoit toujours un frottement… Ici, je n’ai jamais senti ça. Mon chauffeur de taxi avait vécu en Italie. Le guide de la citadelle, avait passé des années au Venezuela et connaissait bien l’Amérique du Sud. Il était heureux de pouvoir parler l’espagnol. Son fils étudiait en Angleterre. Sa fille était en Espagne (il a raconté plus d’histoires sur sa vie que sur celle la citadelle d’ailleurs). Et la religion ? Je lui ai demandé. Comment se passent les choses en Jordanie ? Oh, très bien. Musulmans, Chrétiens, il n’y a pas de problème, il m’a répondu, tout à fait décontracté.
J’ai vite compris qu’il disait la vérité. En fait, je me suis rarement sentie aussi bien en arrivant pour la première fois dans un pays.
Amman a été Byzantine, Ottomane, Perse, Grecque… Elle a accueilli des réfugiés de Syrie, de Palestine, elle partage ses frontières avec l’Irak, lsraël, la Syrie, avec le trouble, l’incertitude. Son avenir ? Personne ne le connait. J’ai attendu un moment tout en haut des marches du théâtre antique pour respirer l’air et regarder la ville. Et je me suis demandée par quel miracle, par quelle alchimie ils avaient réussis un tel tour de magie. Comment étaient-ils arrivés à conserver cette paix, cette harmonie, cette tolérance, ces sourires (et cet humour), alors que dans des pays qui avaient des frontières paisibles et un futur que beaucoup enviaient, les gens étaient nerveux, agressifs et sombres ? Quel était leur secret ? Aujourd’hui encore, je revois le sourire du concierge, les jeunes femmes en robes glamour et les femmes voilées, les restaurants chics, Saleh le guide, le ciel calme au dessus de la Citadelle, et je me demande…

Si vous voulez en savoir plus : VisitJordan

Jordan, Amman – The city of Saleh and of miracles

It all started in the lobby of the Four Seasons hotel. I was checking in when they passed, the women in traditional dress, and the girls in low-cut evening gowns, very sexy, very glamorous.
I asked the concierge if something special was happening.
A big wedding reception, we are expecting 600 people, he answered with a smile –a broad, happy, friendly smile.
It was the same in the hotel restaurant. The veiled women were having dinner with their families and, at the next table, those in cocktail dresses and stilettos were spending the evening with their boyfriends. In the streets it was the same again. Everywhere I saw lives that seemed to belong to 
completely different worlds and that rubbed shoulders quite naturally, without any inconvenience. Even in countries that claim to accept differences, there is always an underlying feeling of friction. But here I never felt that. My taxidriver had lived in Italy. The guide at the Citadel had spent many years in Venezuela and knew South America well. He was delighted to speak Spanish. His son was studying in England, his daughter was in Spain (he told more stories about his familly than about the Citadel). And religion? How does that work out in Jordan? I asked him. Oh, very well, he told me in a relaxed way. Muslims, Christians, there is no problem.
I soon understood that what he said was true. As a matter of fact, l have seldom felt so at ease when arriving in a country for the first time. Amman has been Byzantine, Ottoman, Persian, Greek. . . . Jordan has welcomed refugees from Syria and Palestine; it shares its borders with Iraq, lsrael, Syria, along with the troubles and the incertitude. Its future? Who knows. I stayed for a while, high up on the tiers of the Roman theatre, to breathe the air and contemplate the city. And i wondered by what miracle, by what alchemy, they have achieved this sleight of hand. How have they managed to keep this peace, this harmony, this tolerance, these smiles (and sense of humour), while in countries with peaceful frontiers and an enviable future, the people are nervous, aggressive and morose. What is the Jordanians’ secret?
Today l still see that smile of the concierge, the young women in their glamorous dresses, the veiled women , the elegant restaurants, Saleh the guide, the peaceful sky above the Citadel, and I still wonder . . . .

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Jordanie – Le vrai, le faux, et ce qui va arriver

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J’ai toujours été attirée par les pays où les gens disent qu’il ne faut mieux ne pas aller. Je ne crois pas ce que décrivent les médias. Je préfère voir par moi-même. Cela a commencé quand j’étais jeune et que je lisais ce que la presse racontait sur mon pays. Bien après les évènements et les drames, ils ont continué à le présenter comme un pays dangereux, un pays qui faisait peur. Pendant longtemps, les gens m’ont demandé « Chilienne ? Ah… Est-ce un pays sûr maintenant? ». Tellement de condescendance, tellement d’ignorance… Pour vous dire la vérité, j’ai souvent eu plus peur dans le métro parisien que dans les rues de Santiago.
C’est exactement ce qui s’est passé la semaine dernière, quand j’ai dit que j’allais en Jordanie. Ceux qui ne connaissaient pas le pays m’ont demandé « Tu veux te faire kidnapper ? » (j’ai répondu, non, merci), « Tu n’as pas peur ? ». Ceux qui le connaissaient m’ont parlé de sa splendeur, de sa poésie, de son histoire, de toutes les choses que j’allais adorer.
Dans l’avion pour Amman, l’ambiance était calme. Après cinq heures de vol, j’allais poser le pied dans un pays que je ne connaissais absolument pas. Les hôtesses sont passées avec les boissons et les magazines. Quand nous avons survolé Israël elles ont annoncé : « l’espace aérien dans lequel nous allons pénétrer interdit tout déplacement en cabine à partir de maintenant » et pendant 45 minutes, personne n’a bougé, pour éviter de donner l’impression que l’avion était aux mains de terroristes. C’est le seul moment où le calme a été troublé. Pendant ces quarante cinq minutes, nous nous sommes rappelés la réalité de notre monde et sa complexité.
Et puis, Amman est apparue, illuminée dans la nuit comme une scène de Broadway…

Jordan – The true, the false, and what might happen

I have always been attracted to the countries that people say you shouldn’t visit. I never believe all that the media tells us. I prefer to see for myself. This attitude was kindled when l was young and read what the press reported about my country. Long after the upheavals were over, they continued to represent the country as dangerous and to be avoided. For a long time people asked me : « Ah, you are Chilean . . . is it safe to go there now? » Such condescension, such ignorance… To tell the truth, I’ve often been more afraid in the Parisien metro than in the streets of Santiago.
Exactly the same thing happened last week when I said l was going to Jordan. Those who do not know the country asked : « Do you want to be kidnapped? (l answered no, thank you) Aren’t you afraid ? » Those who did know the country spoke of it’s splendour, of it’s poetry, of it’s history, of all that l would adore.
On the plane going to Amman, all was calm. After five hours in the air, l would step into a country of which l knew nothing.The hostesses came with refreshments and newspapers and magazines. When flying over Israel, they announced that passengers were banned from moving around the cabin while in that airspace. For 45 minutes nobody moved, so as not to give the idea that the plane was in the hands of terrorists.
That was the only time the flight was disturbed. But during those 45 minutes, we were brought back to the reality of our world, and it’s complexities.
Then Amman appeared, lighting up the night like a Broadway show…

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