Rwanda – Parc National des Volcans

Là, je pars en Italie, à Rome, mais comme on m’a demandé des idées pour le Rwanda, je fais une petite halte dans le Parc National des Volcans, à une centaine de kilomètres au nord de Kigali. En plus, le 18 juin, il y aura une cérémonie de baptême des gorilles. Unique, il va sans dire.

J’ai écrit une histoire sur le parc dans mon livre « Aventurier » et voici un éco lodge, et aussi que voir, que faire. Le principal intérêt du parc est de connaître le dernier sanctuaire des gorilles des montagnes et d’aller sur les lieux d’études de Dian Fossey. Le baptême aura lieu aux pieds des montagnes de Virunga, qui s’étalent entre Rwanda, l’Ouganda et le Congo et où on peut voir la plus grande partie des gorilles des montagnes encore vivants au monde. Pendant les randonnées organisées par le loge, on voit aussi la forêt tropicale, les volcans, les forêts de bambous, la jungle, les buffles, éléphants, céphalopes… Le site est évidemment protégé et montre tout ce que le pays a de spécial et de stupéfiant, en majesté.

www.volcanoessafaris.com

Et aussi, le livre sur les espèces menacées d’Afrique, du photographe Jean Larivière (avec lequel j’ai fait un jour une causerie pas du tout académique sur le voyage, au magasin Louis Vuitton de St Germain des Près), Éclats de Vie, Ed. Jean Pierre de Monza.

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Rwanda – Une photo. Un moment

L’autre jour, quelqu’un m’a demandé si je connaissais le Rwanda, si j’avais un endroit où aller. Cela m’a fait plaisir. Il y a des pays dont on ne parle jamais de manière positive. Ils ne sont pas non plus sur les cartes touristiques. C’est comme s’ils n’existaient pas hors de leurs périodes noires. C’était, pendant longtemps, le cas du Chili et cela me désolait. Quand je suis allée à Atacama, même mon père m’a dit « mais qu’est ce que tu vas faire là-bas ? ». Hors, j’ai toujours pensé que c’était dans ces périodes d’entre deux que ces pays étaient les plus passionnants, quand ils émergent, que les gens sont gentils, remplis d’espoirs, disponibles et assoiffés de meilleur, pleins de bonne volonté. Ils n’ont pas encore été assaillis par les touristes. Souvent, ils n’en ont même jamais vu. Cela les rend aussi étonnés que ceux qui y vont. Il y a un équilibre.
Si j’avais écouté tous ceux qui m’ont dit « ne vas pas là, « je n’aurais pas vu les temples d’Angkor sereins, complètement vides, très loin du rush de ces dernières années, ni le désert d’Atacama sans un seul hôtel, comme si j’étais la première à y mettre les pieds. Je n’aurais pas pris un thé dans l’atmosphère étrange et fantastique du Galle Face Hôtel de Colombo, inchangé depuis cinquante ans. Ni aurais-je vu la Lybie et les ruines de Leptis Magna comme si je me promenais dans mon propre jardin.

C’est en partie parce que le Chili a attrapé la vague touristique et parce que des gens ont bien voulu y aller quand on n’en parlait pas, qu’il est si solide économiquement aujourd’hui. Il faut aller dans ces pays dans ces moments de flottement. On voit alors des choses qu’on ne reverra sans doute plus. On vit des expériences uniques. C’est là que le pays montre ce qu’il a dans le ventre.

Photo : Patrick Zachmann/Magnum.

J’ai retrouvé cette photo prise pendant une mission humanitaire de mon mari au Rwanda en 2000 (ici, un matin, en route pour l’hôpital de Kigali). J’y allais aussi, pour écrire une histoire pour National Geographic (sur mon site). Il y a les enfants qui jouent sur leurs vélos. Le regard. Le moment. Évidemment, nous avions autre chose en tête que le tourisme, mais je me souviens de l’ambiance, des gens qui riaient, qui s’amusaient, qui blaguaient, qui étaient contents de nous voir, qui voulaient tourner la page, passer à autre chose.

www.rwandatourism.com

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Sardaigne, La Maddalena, le Zaca et Errol Flynn

Dans ma famille, on a souvent vécu sur des bateaux. Des paquebots surtout, dans les années 50, 60, mais pour moi, tous les bateaux ont la même poésie. C’est toujours un univers de voyage, de liberté, de fuite, d’ailleurs, loin et infini. J’ai eu de la chance. Ce week-end là, le Zaca était à quai. Un bijou. 35 mètres tout en bois, et une biographie inouïe. Et pas seulement à cause d’Errol Flynn. En fait, ce bateau là n’aurait jamais dû naître, vu que sa construction commença en 1928, juste avant la grande dépression. La crise n’empêcha pourtant pas son premier propriétaire, Templeton Crocker, un milliardaire américain passionné d’ethnologie, de finir son projet et de partir faire le tour de la terre à bord de ce qu’il voulait être, le voilier le plus luxueux du monde. Ils naviguèrent partout. De la baie de Sausalito aux Marquises, à Tahiti, Bali, Java, Singapore, Egypte, Malte, Cannes, Tenerife, Guatemala, San Diego, Santa Barbara et j’en passe… Des voyages comme on n’en fait plus, qu’il raconte dans ses carnets de bords, ses albums photos, toutes sortes de témoignages conservés maintenant à la California Academy of Sciences.
Au moment de la guerre, il décida de le vendre à la US navy qui en fit une station de radio.
En 1946, l’acteur Errol Flynn l’acheta, et à partir de là, l’histoire se complique. Il commença par s’en servir pour une expédition scientifique à Acapulco – un fiasco complet. L’équipe déserta sitôt de retour. Errol Flynn décida alors de former un équipage mexicain et le loua à Orson Wells et Rita Hayworth pour le tournage de The Lady de Shangai.
On le retrouve ensuite à la Jamaïque, que l’acteur appelait sa maison. Ni l’un ni l’autre ne sont alors très en point. L’alcool, les drogues les fêtes, les copains d’Hollywood, tout se mélange à bord. Par manque d’argent, le Zaca n’est plus entretenu. En 1952, Errol Flynn quitte les États-Unis, ou les fuit, comme on veut, et vit à bord, à Palma de Mallorque. C’est la fin. Les fêtes continuent. Les rumeurs aussi. Quand il meurt à 50 ans, usé jusqu’à la moelle, le Zaca est aussi en fin de course. Abandonné à Villefranche-sur-Mer dans un état déplorable, les habitants demandent même à ce qu’il soit exorcisé pour le débarrasser de ses démons…
Aujourd’hui, il appartient à un homme d’affaire italien, charmant, qui a eu la gentillesse de faire une petite visite privée. Une expérience, vraiment. En passant de pièces en pièces, petites comme des coques de noix, en regardant les meubles victoriens, l’incroyable cheminée, je me suis dit que c’était comme entrer dans nos propres ténèbres intérieures. L’extérieur présentait parfaitement, rutilant, tout briqué de frais, l’intérieur était peuplé de combats, d’hallucinations, d’événement bizarres, de silhouettes du passé.

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