Engadine – Suisse, montagne & nature !

C’est comme être au bout du monde. Pourtant, c’est juste en Suisse. La route de Milan à Saint Moritz était vide, ou quasiment. Il y avait un grand vent frais, un soleil chaud et brillant, une lumière, ah cette lumière ! Bleu, blanche, brumeuse, argentée… Impossible à décrire exactement. C’était comme être en Alaska ou en Suède. Nous étions un petit groupe d’amis et tout le monde a fait exactement ce qu’il voulait. On a skié, on n’a rien fait du tout, on a essayé le ski de fond (j’ai essayé – pas si facile d’ailleurs…). On a surtout profité du ciel immense, du silence, de la nature.

L’Engadine, je ne connaissais pas. Des amis milanais nous ont proposé de partir quelques jours avec eux. Nous les avons retrouvés à Milan, nous sommes tous montés dans la même voiture, et voilà. Des cols, des vallées, des lacs, des glaciers noyés dans la brume…Une merveille. La région a été décrite par Rilke, Hesse, photographiée (avec un humour formidable) par Jacques Henri Lartigue. Sur la route et dans les villages, les gens sont polis, vous saluent d’un signe de tête ou d’un sourire quand ils vous croisent. Chaque personne rencontrée pendant mon (bref) essai de ski de fond était d’une courtoisie qui n’existe plus nulle part, lançant un petit Grazie, buona giornata, quand ils nous dépassaient mon amie Grace et moi. Vraiment très agréable. C’est un autre rythme, d’autres couleurs, une nature brute qui fait du bien. Je ne suis pas une fan de ski mais la montagne est vraiment un univers spécial. Le matin, les paysages étaient blancs comme de grosses meringues et si on marchait un peu, tout avait disparu, et il ne restait plus que les lacs bleutés. J’ai noté tout un tas d’idées, de livres, d’adresses… Bref, voici :

Adresses: Hotel Bellavista (surtout pour le restaurant, super) – Crystal Hotel (ne vous arrêtez pas à l’extérieur très laid. Les chambres sont charmantes et le personnel aussi) – Nira Alpina (design) à Silvaplana – Restaurant Chesa Veglia à St Moritz, 2 via Veglia, – Restaurant Chasellas, via Suvretta 22 – Une idée de promenade de mon amie Grace : De Celerina à Lac de Staz (45 minutes environ).
Aventure: Pour l’isolement total, l’Hotel Muottas Muragl – Prendre l’historique Glacier Express qui passe par des paysages sublimes et les 91 tunnels et 291 ponts de la région – Aller avec un guide jusqu’au Morteratsch Glacier, le plus grand glacier des Alpes Orientales.
Livres: La Montagne Magique de Thomas Mann (qui se passe en haute Engadine). Lartigue en hiver – les magnifiques photos (pleines de drôlerie) de Jacques Henri Lartigue prises dans la région de 1913 à 1981.

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Engadine – Un grand week-end d’air pur et de paix

Parfois, on a une envie folle d’être dans un endroit où on peut admirer le paysage, respirer l’air pur… et avoir la paix ! Je pense souvent aux mots de Robert Louis Stevenson « Le dehors guérit ». Rien de plus vrai. Une belle et grande marche en montagne (ou ailleurs), l’air piquant qui secoue les neurones, quelques jours de tranquillité sans lire les journaux, ni rien savoir de rien, et on y voit plus clair. Pas forcément loin. Pas forcément un voyage compliqué. Seulement un endroit où on n’a pas à se battre, où on peut se laisser aller, prendre son temps, où on a la paix. Je pars quelques jours en Suisse, dans la vallée de l’Engadine. Alors à tout de suite, ou presque…

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National Geographic behind the scenes

J’ai toujours rêvé d’être un aventurier. Les cheveux en désordre et une barbe de trois jours, un vieux jean, un vieux T-shirt, et sur les bras, des tatouages compliqués. Il part le matin et ne sait pas où il va atterrir. Il sait piloter tout ce qui vole et peut pagayer pendant des mois sur les rivières les plus démontées. Il connaît tous les sentiers d’Amazonie, ne s’affole jamais, peut discuter avec n’importe qui, n’importe où, et dans n’importe quelle langue, est capable de partir en expédition sur les traces d’un explorateur disparu juste parce qu’il a lu une annonce dans le Times, comme Peter Fleming. Et bien sûr, il est photographe ou écrivain pour National Geographic.

Il y a douze ans, quand je suis entrée dans le bureau du rédacteur en chef François Marot, c’était pour un projet beaucoup plus sérieux, pour lui proposer un reportage sur Médecins du Monde au Rwanda, mais, au fond, ce qui comptait c’était la couverture jaune, faire partie de la légende, remonter ses manches et plonger dans l’aventure.
A l’époque, les bureaux de NG étaient au 90 rue de Courcelles, près du parc Monceau. Magdalena Herrera, l’Art Director franco-cubaine, sélectionnait les clichés des plus grands photographes du monde revenus du Népal ou Manille. Le bureau de François croulait sous les papiers, les images, les idées de couvertures et de reportages. Chaque seconde, quelqu’un venait frapper, entrait ou sortait, allait prendre un café et revenait défendre son projet. Je le revois, fumant sa pipe, fichtrement calme, au milieu de ce capharnaüm. Peut-être ais-je tendance à enjoliver, mais je ne crois pas. Un univers extraordinaire s’ouvrait pour celui ou celle qui débarquait là pour la première fois.
Le message était clair : « tu entres ici dans un espace mythique », et ce jour là, je voulais coûte que coûte en faire partie. Il y a eu le Rwanda, le Chili, des choses terribles et des choses belles. Et toutes les histoires racontées par d’autres. Les reportages qui vous vrillent le ventre. Les photos capables de mettre à nu le tréfonds de l’être humain. Tous ces paysages magnifiques, cette nature dévoilée en majesté, cette conviction aussi, qui invite à comprendre et à préserver la planète. Tout ce qui fait que ce ne sont pas que des mots, que des images plates, plaquées sur un papier.
Combien de magazines font autant rêver ? Collent d’aussi près à l’univers, aux canyons, aux jungles, à la furie de notre temps, aux évènements qui font notre monde ? Combien ont raconté les conflits, les immenses et minuscules merveilles de notre terre, sans hystérie, sans sentimentalité ni exagération, et continuent à faire rêver toutes les générations ? Et où, à notre époque, trouve t-on encore une pareille légende, un tel esprit d’aventure, une pareille histoire ? J’y pensais l’autre jour en arrivant dans les nouveaux bureaux de NG. J’ai croisé Magda, toujours belle et passionnée. François avait son bureau croulant de papiers comme avant, de couvertures jaunes qui sentaient bon l’aventure. Ne manquait plus que l’odeur du café.

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