Pérou – Dans l’Orient-Express

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C’est déjà un miracle que le nom existe encore. Qu’il puisse se retrouver dans la même phrase que des mots comme Twitter et Instagram. Que ce nom soit toujours associé à un train, et que ce train traverse toujours des paysages fantastiques comme quand il est parti en 1883 pour la première fois (de Paris pas de Cuzco…).

Vous arrivez dans une petite gare poussiéreuse proche de la ville, et le train est là, étincelant, complètement incongru dans ce cadre brutal. Vous souriez (en tout cas, moi, j’ai souris) en montant dans votre wagon. Les péruviens réussissent l’exploit de vous servir comme si vous étiez dans un palace bien planté sur la terre ferme. C’est bon enfant, démodé, luxueux d’une manière complètement unique. Sans l’interdiction de fumer, je suis sûre que j’aurais vu les passagers en sombrero tirant sur leurs cigarillos. On traverse des campagnes brunes, des rivières qui coulent violemment au milieu de nulle part, des gares étranges. On grimpe le long de routes qui s’enfoncent dans les rochers nus aux formes bizarres. Les trains ressemblent aux routes qu’ils suivent. L’Orient Express péruvien avance dans la poussière comme un serpent géant, aussi fou que les paysages qu’il traverse. Ce jour là, il n’y avait qu’une dizaine de passagers dans mon wagon. Un couple, une famille, deux anglais – qui s’obstinaient à parler espagnol… « Las « empanadas » sont « muy buenas ». Le maître d’hôtel n’était jamais loin. Pas coincé, ni pompeux comme on pourrait s’y attendre. Au contraire, très à l’aise et sympathique. Nous sommes partis et arrivés lentement. La lenteur a été sans aucun doute l’un des plus grands luxes de ce voyage. Qui a dit que certains voyages valent pour le voyage lui-même et non pour la destination ? L’altitude a donné le vertige à quelques voyageurs en arrivant à Aguas Calientes. Les portables ne passaient pas. Le maitre d’hôtel nous a lancé un « Vaya con Dios ! » à la sortie du train. On aurait dit que nous allions vers un avenir incertain. J’ai adoré.

Orient-Express : http://www.orient-express.com/web/orex/home.jsp

Peru – On the Orient-Express

It is already a miracle the name still exists. And that it may find itself in the same sentence as words such as Twitter or Instagram… That this name is still associated with a train, a train that never stopped crossing fantastic landscapes just as it was when it first departed in 1883 (not from Cuzco but from Paris…).

You find yourself in a small dusty train station near town, and the train is there, shining, so incongruous in such a rough scenary. You smile (at least I did) while getting on the train. The Peruvians manage to welcome you and take care of you as if you were in a well-grounded luxury hotel. The atmosphere is friendly, old fashioned, luxurious in a unique way. If it wasn’t for the non-smoking signs, I’m sure I would have seen passengers in typical sombrero hat, puffing their cigarillos. The train takes you through brown countrysides, rivers violently flowing in the middle of nowhere, strange train stations. It climbs along roads that sink deep into nakes rocks with weird shapes. The trains ressemble the roads they follow. The Peruvian Orient Express cuts through dust like a giant snake, as crazy as the landscapes it passes. On that day, there were only a dozen passengers in my wagon. A couple, a family, two Englishmen – who persisted speaking Spanish… The « empanadas » are « muy buenas »! The maitre d’ is never far away. Not stuck up or pedantic like you would expect. On the contrary, he was very comfortable and nice. We left and arrived slowly. The slowness was withouth a doubt the greatest luxury of that trip. Who said some trips are worth the journey itself and not only the destination? The altitude made a few passengers dizzy while arriving to Aguas Calientes. The cellphones didn’t go through. The maitre d’ told us « Vaya con Dios! » while we were getting of the train. It seemed as though we were walking towards an uncertain future. I loved it.

Orient-Express : http://www.orient-express.com/web/orex/home.jsp

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Pérou – Histoire d’extrêmes

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Cela a commencé à Lima, avec les chapelets suspendus aux rétroviseurs des taxis. Cela a continué dans les boutiques, avec les croix présentées comme des décorations de salons. Et ensuite, pendant tout le voyage… A l’Hôtel Monasterio de Cuzco, un ancien monastère reconverti à l’hôtel, où une messe a été célébrée un jour dans la fantastique chapelle au rez-de-chaussée, toute croulante d’or. Dans les rues, avec les processions, les danses et les défilés incroyables. Dans les musées remplis d’images saintes, et jusque dans la gastronomie qui remonte à l’époque coloniale et aux périodes sacrées. Cela m’a fait penser à tous les mélanges sud-américains, à la religion qui rejoint la vie, qui influence chaque moment, qui est une manière d’être et de s’exprimer. Aux extrêmes. A ma mère écossaise venue d’un pays protestant et à mon père sud-américain. Aux différences fondamentales entre l’Europe et l’Amérique Latine. Chaque instant ici est en totale contradiction avec ce qui se vit généralement en Europe. Ici, la religion est extravertie, excessive, se montre et s’exprime dehors, est colorée, riche, pleine de fantaisie. En Europe, dans la plupart des pays, les gens n’en parlent pas, voient ça comme une affaire privée, font leurs prières presque en cachette, ne la glorifient pas. Cela vient-il du soleil, du climat ? Ma mère dit que oui, en partie. Elle m’a fait remarquer que les pays protestants sont généralement des pays gris et froid, où les mentalités et les croyances sont aussi austères que les paysages. Du côté de mon père, c’est tout le contraire. Chez lui, la religion fait partie de la vie. Est-ce mieux de montrer ou de cacher ? Le Soleil ou le froid ? L’extraverti ou le privé ? Mmm, pourquoi choisir quand chaque extrême a quelque chose à offrir à l’autre…

Peru – A story of extremes

It started in Lima with the rosaries draped around the driver’s mirror in the taxis. Then in the shops, where the crucifixes are displayed like objets d’art in a drawing-room. And so on, during the whole journey…… At the Monesterio de Cuzco, an ancient Spanish monestry reconverted into an hotel, where mass was celebrated one day in the splendid, gold laden ground floor chapel. In the streets, with incredible processions, dancers, parades. In the museums, filled with paintings and statues of saints. And even in the cuisine, which goes back to the colonial epoch and held to the holy calendar. It made me think of all that is intermingled in the south-american culture, of religion that is part of daily life, that can influence any moment, that is a way of being and of expression of the extremes. Of my scottish mother, educated in a protestant country, and of my south-american father. Of such fundamental differences between Europe and South America. Every moment here is in total contadiction to the customary life in Europe. Here religion is extrovert, extravagant worn and expressed liberally, it is colourful, rich and full of fantasy. In most countries of Europe people speak little of their religion, considering it a private matter to assume humby without outwardly glorifying it.Does this attitude come from the sun? the climate? My mother certainly believes that this is parcially true. She reminded me that the protestant countries have mostly cold, grey, rainy climates, long winters, and where the mentalities and beliefs are often as austere as the landscapes. On my father’s side , it is all the contrary.For him religion is a joyous fact of life.Is it better to blazon it or to restrain it? The sun, or the cloud? Outgoing or personal? Mmmm, why choose, when each extreme has something to offer the other…

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Fierté latina

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L’autre jour ma soeur m’a envoyé cette photo qu’elle a prise dans le métro à Paris. Elle avait écrit en dessous « Viva Chile ! ». Cela m’a fait penser à nos premières années en France…

A l’époque, peu de gens savaient où se trouvait le Chili, quelle langue nous parlions, comment nous vivions. Chaque jour, nous lisions des articles dans les journaux qui ahurissaient ma famille, nous entendions des gens sérieux, des gens importants, parler de choses qu’ils ne connaissaient pas, qui n’avaient rien à voir avec le pays que nous aimions. Ces années m’ont appris à défendre mes opinions – pour rectifier ce que je savais être faux. Elles m’ont appris aussi d’où je venais. Avant, cela n’avait pas vraiment d’importance. Mais quand vous êtes isolé et perdu, que la vie devient incontrôlable, vous vous raccrochez à ce que vous connaissez, et vos racines font partie de ces choses là.

Les événements ont rendu le Chili célèbre. Le temps a passé. Les choses n’ont été faciles ni simples pour aucun chilien. Et puis, le pays a évolué, d’une manière inespérée. D’autres pays auraient été broyés par une histoire comme la nôtre. Le Chili a réussi à repartir, malgré tout ce qu’’il avait contre lui. Son passé, sa géographie impossible, son isolement absolu, la dureté de la vie et des éléments. Pendant ces années là, j’ai appris autre chose. Que les pays et les nations sont comme les gens. Que la roue tourne pour tout le monde. Que les faibles d’hier peuvent être les forts de demain et vice versa. Qu’il faut faire attention à ne pas être condescendant, arrogant, dénigrant, parce qu’’on ne sait jamais ce qui peut arriver dans la vie.

Je suis fière de voir que le Chili avance bien. Que les nations latinas seront, certainement, les nations fortes de demain.

Cette année, le Chili a été nommé Best trip 2013 par le National Geographic Traveler.
Le chef Rodolfo Guzman de 34 ans a été élu nouvelle star de la cuisine internationale par le Nouvel Observateur (et que dire des vins chiliens qui rivalisent aujourd’hui avec les français).
L’hôtel Tierra Patagonia, au fin fond des Torres del Paine, a reçu le Design Award de Travel & Leisure.
En 2013, Santiago va inaugurer la plus haute tour d’Amérique du Sud, La Gran Torre Santiago.
En 2012, The Times a fait pour la première fois de son histoire sa couverture avec un titre en espagnol.

Latin Pride

The other day, my sister sent me this picture she took in the Parisian subway. She had commented it: « Viva Chile! » This reminded me of our first years in France…

Back then, only a few people knew where Chile was, which language we spoke, how we lived. Everyday we heard serious people, important people, speak of things they didn’t know of and that had nothing to do with the country we loved. These years taught me how to stand up for my beliefs – to correct what I knew was wrong. These also taught me where I came from. Before that, I wasn’t really aware of it. But when you are lost, and things spin out of control, you hold on to what you know, such as your roots.

The events which made Chile famous. This was not easy or simple for any Chilean. Time passed, and the country evolved in a way undreamed-of. Other countries would have been crushed by a History like ours. Chile managed to get going again, slowly, despite of eveything working against it. Its past, the geographic situation, the absolute isolation, the toughness of life and elements. During those years, I learnt something else. That the countries and nations are like people. That the wheel of life rotates for everyone. The weak of yesterday can be the strong ones of tomorrow and vice versa. One must be careful not to be condescending, arrogant, denigrating, because one never knows what happens in life.

I am proud to see that Chile progresses well. That Latina nations will become, withouth a doubt, the strong nations of tomorrow.

This year, Chile was named Best trip 2013 by the National Geographic Traveler.
The 34 years old chef Rodolfo Guzman was named the new star of international cuisine by Le Nouvel Observateur (and what about the Chilean wines that today compete with the French).
The hotel Tierra Patagonia, at the far end of Torres del Paine, received the Design Award of Travel & Leisure.
In 2013, Santiago will inaugurate the highest tower in South America, the Gran Torre Santiago.
In 2012 and for the first time, The Times did its cover story with a Spanish title.

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