France, Languedoc – Les mystères de Pézenas

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Novembre est là, et avec lui les journées d’automne, le soleil rouge, les grandes marches dans les vignobles, la vie à la fois sombre et claire… A cette époque de l’année, certains coins de France ont vraiment une ambiance spéciale, Le Languedoc par exemple, et Pézenas en particulier – une ville médiévale que des amis m’ont fait découvrir il y a quelques années. En marchant dans les vieilles rues, on imagine les guerres sans merci du Moyen-âge, les combats féroces des hérétiques Cathares, les drames et les mystères derrière chaque porte…
Les cafés de Paris sont typiquement parisiens. Ceux de Pézenas sont typiquement français (du moins pour moi), avec les chaises sur la place, les clients au comptoir qui discutent de chasse, de vendanges, comparent les récoltes, la taille des raisins et des cèpes… Il y a un petit hôtel ravissant que je vous recommande, l’hôtel de Vigniamont, ouvert par Babette Brun, qui reçoit des clients du monde entier dans sa maison du XVII e siècle. Il y a des vieilles familles qui vivent toujours dans leurs splendides châteaux historiques, des touristes, des nouveaux arrivés… La complexité rustique de la région fait voyager d’une autre manière. Ce n’est pas la Côte d’Azur, il n’y a pas de queues de voitures interminables pour arriver, c’est la France de la terre, du vin, du gibier. Ici, « on fait des choses ». La famille Carcelle, inspirée par leur père, notre ami Yves, fait du vin, – le Domaine de Sarus, que je vous conseille vivement, vendu à Paris au Bon Marché, entre autre – de l’huile d’olive, et bientôt, ils auront des truffes sur leur splendide domaine où ils ont aussi “fait pousser” une sculpture fantastique réalisée par des élèves de l’Architecture Association de Londres. Béatrice, Cécile et Miguel, d’autres amis, installés à la Seigneurerie de Peyrat, un château du XVI e siècle, font un merveilleux rosé, et aussi du Chardonnay et du Merlot. Plus loin, près de Béziers, Jean-Marc Loubier et sa femme Hedieh (il est français et dirige plusieurs sociétés de luxe, elle est iranienne et dessine des bijoux terriblement glamour) ont aussi des vignes… Quand nous nous retrouvons tous autour de la grande table chez Béatrice, je vois la France qui m’a tellement étonnée quand je suis arrivée et je retrouve aussi le Chili que j’ai laissé, avec sa campagne sauvage faite pour les aventuriers. Surtout quand à la fin du repas, tout le monde se met à raconter des histoires, vraies ou inventées… Comme en Amérique du Sud, si elles sont inventées, elles n’en sont que meilleures !

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France, Languedoc – the mysteries of Pézenas

November is here and so are the autumn days, the red sun, the long walks in the vineyards, life in light and shadow. At this time of the year certain parts of France acquire a special atmosphere. Languedoc for example and Pézenas in particular – a mediaeval city that I discovered some years ago thanks to friends. Walking in the old streets, it is easy to imagine the mercilous wars of the Middle Ages, the ferocious combat of the heretical Cathares, the dramas and mysteries behind every doorway…
The cafés in Paris are typically Parisian. Those of Pézenas are typically French (for me, at least) with the chairs on the square, the customers at the bar, discussing the game hunting, the grape harvest, the size of the yield, the grapes and the cèpes… There is a delightfull little hotel, the Vigniamont, where Babette Brun welcomes guests from all over the world to her 17th century house. There are old families still living in their splendid history-steeped castles, tourists and recent arrivals… The rustic complexity of the region offers a different way of travelling. This is not the Côte d’Azur, there is no interminable queue of cars to hold you up, this is a robust France of wine and game. Here, people «make things ». The Carcelle family, inspired by their father, our friend Yves, makes wine – le Domaine de Sarus – which l highly recommend and is sold at Bon Marché in Paris and other stores. They also make olive oil, and will soon have truffles, on their splendid estate where they have installed a fantastic sculpture created by the students of the Architecture Association of London. Béatrice, Cécile and Miguel, other friends, produce a marvellous rosé, as well as Chardonnay and Merlot at a 16th century castle, La Seigneurerie de Peyrat. Not far, near Béziers, Jean-Marc Loubier and his wife Hedieh – he is French and directs various luxury goods companies, she is Iranian and designs highly glamorous jewelry – also have vineyards. When we all get together around Beatrice’s big table, I see the France that impressed me so much when I first arrived and, at the same time, found something of the Chile I had left, with it’s still wild countryside, beckoning the adventurous… above all when, at the end of a meal, everyone started telling stories, true or invented, just like in South America. And if they are invented they are invariably the better for it!

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Everywhere – Art Story

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Je pensais l’autre jour aux musées et aux galeries que j’aime et surtout à ceux et celles qui ont une ambiance spéciale, un petit quelque chose en plus qui permet de sortir du tableau et de faire partie du lieu. On dit que l’art est partout, qu’il n’a jamais été plus facile de le voir et d’en profiter, qu’il inspire tous les métiers créatifs – et bon nombre d’autres – mais on oublie de parler de la personne qui le regarde et le fait exister d’une façon différente. Quand je suis dans un musée ou une galerie, je suis autant intéressée par les visiteurs que par les œuvres. Parfois, les deux sont tellement en harmonie qu’ils créent un moment parfait, comme une autre œuvre d’art qui aurait été réalisée par un scénographe génial. Les couleurs, les formes, l’espace, tout cohabite d’une façon logique. Ce n’est plus un humain contemplant un paysage ou une sculpture, c’est un tour de magie. On n’a pas besoin d’être érudit, ni riche, ni intelligent, ni de savoir peindre ou sculpter; On peut faire partie de cet univers seulement en étant là, ensemble, au bon moment. Parmi les galeries et les musées où j’ai vu se produire ces petits moments magiques, il y a la galerie Animal à Santiago, Sotheby’s à Londres (où on peut prendre un thé dans le charmant petit café du rez-de chaussée), Saatchi Gallery encore à Londres, le Musée du Prado de Madrid, l’Art Institut de Chicago, la galerie Perrotin et le Musée des Arts Premiers du quai Branly à Paris.

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The other day I thought of museums and art galleries that I particularly like and, above all, those that have a special atmosphere, a certain something that allows you to leave the painting and be part of the place. They say that art is everywhere, that it has never been easier to see and enjoy, that it inspires all the creative professions – and quite a few others – but one forgets to mention the beholder, who contemplates, and sees it in his own way. When l am in a museum or a gallery l am often as interested in the visitors as in the works themselves. Sometimes the two are so complementary that they create a perfect harmonious moment, like another work of art, designed by some brilliant scenographer. Colours, forms, space fuse in a logical manner. It is no longer just someone looking at a landscape or a sculpture, but a moment of legerdemain. You don’t have to be erudite, wealthy, particularly intelligent, or know how to paint or to sculpt: you can be part of that universe just by being there when the current passes. Among the museums and galleries where l have experienced these magic moments are the Animal Gallery in Santiago, Sotheby’s in London (where you can have tea in a charming café on the ground floor), the Saatchi Gallery, also in London, the Prado in Madrid, the Art Institute of Chicago, the Perrotin Gallery and the Quai Branly Museum of Primitives Arts in Paris.

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London – Cheers !

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Enfant, quand mes parents voyageaient en Europe et qu’ils nous emmenaient ma sœur et moi avec eux, nous allions toujours dîner au Trader Vic’s de Londres. Un restaurant pour « grands » ! La salle était décorée comme une scène des Mutinés du Bounty, nous nous installions dans les grands fauteuils thaïlandais (nos préférés), commandions des cocktails (sans alcool) pendant que mes parents prenaient les célèbres Mai Tai, et deux minutes plus tard, on voyait surgir des vahinés en tenues typiques portant les boissons – les nôtres décorées de petits personnages hawaïens (j’en ai toute une collection et j’ai vu qu’ils se vendaient maintenant comme des objets « antiques » sur Ebay !). Pour un enfant, c’était le rêve. Un de ces moments spéciaux dans la vie où vous êtes propulsé dans un univers en dehors de tout. Évidemment quand je racontais à l’école que j’avais fait une repas « en famille » avec des vahinés, en sirotant des Kona Cooler, on me regardait d’un drôle d’air mais c’était un moment unique que je n’aurais manqué pour rien au monde. Maintenant j’ai « quelques » années de plus, mais je trouve toujours ça aussi drôle. L’endroit est complètement décalé et dépaysant. Si vous jouez le jeu et entrez dans le rêve, vous vous amusez vraiment, et puis, le Trader Vic’s est une institution, un des ces endroits qui ne ressemblent à aucun autre (en plus, la nourriture est aussi exotique que le reste, je ne citerai que l’Hawaiian Ahi Poke et le Beef Cho Cho…) – Le premier Trader Vic’s a été crée par Vic « The trader » Bergeron, en 1934 en Californie. Celui de Londres est toujours là depuis 1963, et je me dis que j’y suis peut-être un peu pour quelque chose. Si vous y allez, commandez un Mai Tai et levez-le avec un grand “Cheers !” pour moi.

Trader Vic’s London

Mes autres endroits préférés à Londres : Hotel The CapitalShepherd Market (vous trouverez d’autres marchés aux puces dans mon livre Marchés aux puces du Monde) – Chelsea Physic GardenBentleys, bagages anciens.

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London – Cheers !

When l was a child and my parents travelled in Europe, they often took me and my sister along, and we always had supper at Trader Vic’s in London. A restaurant for « grown ups »! The place was decorated like a scene from « Mutiny on the Bounty », we installed ourselves in the high Thai chairs (our favorites), and were given cocktails (non-alcoholic) while my parents ordered the famous Mai Tai. Then, a few minutes later, vahines appeared, in their native dresses, bearing our drinks – ours decorated with little Hawaian figurines (I have a whole collection and have seen that they are now sold on eBay as antiques!) For a child, it was heavenly-one of those special moments in life when you feel you are in another, imaginary, world. Of course, when l told my classmates at school that I had a « family dinner » with vahines, while sipping Kona Cooler, they could hardly believe me, but it was a unique moment that l would not have missed for anything in the world. Now l am (a little) older and l still find the place completely out of this world. If you step into the dream, you’ll love it, and, after all, it is an institution, one of those places that resembles no other (also, the food is just as exotic as the setting, to name only the Hawaian Ahi Poke and the Beef Cho Cho…) The first Trader Vic’s was created by Vic « the Trader » Bergeron in 1934 in California. The London opened in 1963 and l often say to myself that l have contributed something to it’s longevity. If you go there order a Mai Tai and raise your glass with a big « Cheers » for me.

Trader Vic’s London

My other favorite places in London: Hotel The CapitalShepherd Market (you’ll find more flea markets in my book Flea markets around the World) – Chelsea Physic GardenBentleys, vintage luggage.

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