Rio de Janeiro – Petite histoire de religion ou quelque chose comme ça

Au Brésil tout se mélange, macumba, rites africains, vaudous, catholiques. Il y a de l’humour, de la tragédie, des cris, des pleurs, des danses déchainées. Pendant le carnaval, on vénère Dieu et la chirurgie esthétique (ce qui pour certains, et surtout au Brésil, est un peu la même chose). A Noël, on prie Yemanja, la déesse de la mer. On dresse des autels sur la plage avec des gâteaux et des bouteilles de champagne. On danse, on se met en transe, on lance des bateaux dans l’océan, remplis de vœux et d’offrandes. En février, à Salvador, on célèbre encore Yemanja, avec des chants africains. Rien n’est séparé, rien n’est vraiment défini. A quoi bon ? Ne vivons nous pas dans un univers où tout se mélange aussi, et nos croyances ne se modifient-elles pas selon les étapes que nous traversons dans la vie ? C’était le 29 et le 30 décembre. Les enfants couraient partout sur la plage du Leme. Les familles brésiliennes et les touristes regardaient, prenaient des photos. On aurait pu être de n’importe quelle religion. C’était vivre et laisser vivre. Et compte tenu du climat actuel du monde, j’ai trouvé ça plutôt rassurant.

Quelques fêtes et moments religieux qui valent la peine à Rio et au Brésil : Le jour de l’An et les jours d’avant, sur la plage de Copacabana et au Leme – Le 2 février, à Salvador de Bahia, Festa de Yemanja – La Festa do Divino dans les villes historiques du Minas Gerais – La Festa do Cirio de Nazareth en octobre à Belem do Para.

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Rio de Janeiro – Confeitaria Colombo avec Claudio

Nous avions rendez-vous dans le centre ville à midi. Après quatre ou cinq ans, nous allions bavarder comme si nous nous étions quittés la veille. Claudio, vit à Bangu, moi, à Paris. Nous ne venons pas du même milieu social, nous n’avons pas du tout la même vie, mais quand nous nous sommes connus, on s’est tout de suite entendus. Les chances de nous revoir étaient nulles, et c’est sûrement entre autre pour ça, que cette amitié m’est si précieuse. Depuis vingt ans, on a toujours mille choses à se dire et on n’a jamais perdu le contact.

La Confeitaria Colombo était pleine de monde comme toujours – des cariocas qui sortaient de leur travail, des Brésiliens, des touristes, tout le monde du centre ville qui à cette heure est une vraie ruche. On a trouvé une table à l’entrée, d’où on voyait bien le décor (un décor fantastique, à la CecilB.De Mille ou Visconti, qui date de 1894 – complètement inattendu dans ce quartier rempli de bureaux internationaux). On a commandé deux cafés. Claudio a aussi prit un sandwich com queijo minas – un fromage bien épais, qui tient bien au corps. Nous avons parlé de tout. De Rio qui se prépare pour les jeux olympiques de 2016, de la coupe du monde de foot en 2014 (ca, ça va être quelque chose !), du pétrole trouvé un peu partout, qui va pas mal changer la donne dans le futur.

Après, nous nous sommes promenés vers l’avenida Passos. On est entrés dans le fabuleux Real Gabinete Portugues de Lectura, le fantasme de tout écrivain, une bibliothèque-cathédrale qui date de 1830, avec plus de 350.000 volumes (dont certains du XVIeme siècle) qui grimpent –pratiquement- jusqu’au ciel. Dans l’église Santissimo Sacramento dont peu de gens connaissent l’intérieur fantastique, tout en bois – Elle se trouve presque en face de l’église de Lampadosa, l’église des esclaves. On a poussé jusqu’à Lapa, le coin branché, chez les marchands de meubles des années 50/60. On vu comme le centre se développait, on a rigolé, on a fait le tour de nos vies, et en se quittant, je nous ai imaginés dans dix ans, encore à discuter devant un cafezinho à la confeitaria Colombo. Se Deus quiser.

Confeitaria Colombo : rua Gonçalves Dias, 32 www.confeitariacolombo.com.br – Autre pâtisserie ancienne qui vaut la peine, aussi dans le centre : Cavé, rua Uruguayana 11 www.confeitariacave.com.brReal Gabinete Portuguese de Leitura : rua Luis Camoes 30, Centro, www.realgabinete.com.brIgreja Santissimo Sacramento : Avenida Passos 50, Centro. Igreja Lampadosa : Avenida Passos 13.
Adresses à Lapa suivent…

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Rio de Janeiro – O melhor do mundo

J’ai mis du temps pour écrire cette histoire parce que j’adore Roi de Janeiro, que j’y ai vécu, et que je trouve plus difficile de parler d’un endroit que l’on aime que d’un endroit que l’on a traversé et qui n’a laissé que deux ou trois images. C’est un peu comme une personne aimée. Comment la définir ? Surtout en quelques lignes. En plus, Rio est pour moi une sorte de référence familiale. Rio de Janeiro, c’était avant Rancagua, avant Santiago, avant Paris. C’est à Rio de Janeiro que mes parents allaient quand ils voulaient s’échapper un moment de la ferme et voir autre chose que la campagne Chilienne. Que mes grands-parents allaient aussi. C’est à Rio de Janeiro que j’ai été conçue, et que je suis partie habiter il y a des années quand j’ai voulu changer de vie. J’y retourne dès que je peux. Parce que Rio est unique. La dernière fois, c’était il y a quelques semaines. Qu’est-ce que en fait un lieu à part ? Le site lui-même déjà, et les kilomètres de plages en pleine capitale (ancienne capitale – Rio était autrefois la capitale du Brésil) un paysage fabuleux de beauté. La nature, la jungle, qui n’ont pas été laminées par le béton et apportent une sauvagerie, une rébellion même, miraculeuses en pleine cité (il faut voir les palmiers insensés du jardin botanique www.jbrj.gov.br/) . Les odeurs. De Bitume et de jungle moite. Plus enivrantes pour moi que le parfum le plus sophistiqué du monde.

Quand vous marchez dans Ipanema, vous voyez les gens les plus modestes (et pas des vagabonds ni des mendiants) et les milliardaires de la ville, côte à côte sur le même trottoir ou dans les mêmes lanchonetes -les bars-restrauants-cafés d’ici. Une chose inimaginable dans beaucoup d’autres villes du monde. A Rio, personne ne s’étonne que vous portiez un short en plein hiver, et si quelqu’un balance une vanne un peu drôle à un inconnu, celui-ci lui renvoie rarement un regard hostile. Il rigole souvent et lui en balance une du même tonneau. Au bout de peu de temps on s’aperçoit que le carioca est généralement bienveillant. Pour toutes ces raisons, et un million d’autres, Rio m’ahurit et me touche constamment. Quand il fait froid à Paris, que rien ne marche comme je veux, et que j’ai besoin de me booster le moral, je pense à Rio. J’y vois le pire mais aussi le melhor do mundo. Le meilleur de ce que le monde offre. Ce n’est évidemment pas idéal, et il faudrait beaucoup de temps pour parler de ce qui ne va pas, mais il y a une liberté, une nonchalance amusée qui permet de supporter beaucoup de choses.

Le dessin sur l’image a été fait par ma mère qui est peintre et raconte des histoires avec un papier et quelques traits de crayon comme personne.

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